24/09/2008

Un réveil au miel (sur le jour s'est levé - Téléphone)

Le jour évite les volets, passant au travers,
Apportant ses rayons d’une faible lumière.
Ce matin, embrumé par le peu de sommeil,
Je contemple ton dos d’une couleur miel.

En son bas une empreinte dont te gâte la nature,
En son haut les traits noirs d’une fine chevelure
Masquant ton visage et ses yeux toujours clos,
Voyageant dans tes rêves en ce réel tableau.

Accrochée à l’oreiller qui te berce,
Les membres inertes sous ce soleil qui perce,
Apaisante douceur auréolant ton corps
Que je désire serrer encore et encore.

17/09/2008

Cheminer sous une autre étoile (sur It is time for a love revolution - Lenny Kravitz)


Les yeux levés au ciel mouillés d’espoir, ils attendent un signe, un geste de Ta part. Tournés vers Toi, criant leurs oraisons, ils voudraient que leurs misères s’effacent. Alors, Tu éclaires le chemin, celui que tu voudrais qu’ils empruntent, où l’Amour absolu est éternel, abandonnant le matérialiste dès la marche entamée.

« Ils ne le comprennent pas et T’implorent
De leur accorder uniquement l’or,
Tandis que ce chemin menant à Ta vie,
D’amour universel est plus que remplie… »
Photo : Raph
Retouches : Mendo Solo

06/09/2008

Musique d'Afrique (sur Ali Farka Touré)

De poussière et d’herbe défraîchie,
Ta chaleur alourdissant la sécheresse
Fait traîner les pieds et la vie
Sans jamais être de la paresse.

Que les chants et les cœurs
Remplis d’une joie mirifique
Recouvrent ta grandeur,
Ô contient d’Afrique.

01/09/2008

A Cookie (sur Mirza - Léo Ferrer)


Petit être à quatre pattes
Haut de quelques centimètres
Glissant gaiement sur les lattes
Du parquet de tes maîtres

Que tu suis sans te lasser,
L’œil toujours attentif
Lorgnant la balle qu’on va lancer
Montrant à tous que tu es vif.

Ton esprit très enjoué
Ravive tes yeux amendes
Sur une couleur chocolatée
Aux quelques reflets cendres.

Les enfants quittant la planque
De ceux qui te nourrissent,
Tu viens combler ce manque
Par les mains qui te lissent.

22/08/2008

A la joie ! (sur Minor Swing - Django Reinhardt)

A tous ces brins de folie
Egayant l’aventure,
Je les expose, les brandis,
Les mets en devanture.

Afin que s’éternise
Et se répande l’Heureux,
Je te tends le calice.
Bois de ce liquoreux !

15/08/2008

L'impassible plume (sur des visages des figures - Noir Désir)

On ne force pas la plume
A cracher sur le papier
Un jet d’encre d’amertume
S’il n’est pas transcendé.

On n’oblige feuille blanche
A devenir noircie
D’un contenu étanche ;
Impassible poésie.

Que ces mots en ces vers
Me viennent du cœur,
Et que doux ou sévères
Les exhale de demeure.

09/08/2008

En manque d'effluves (sur Viva la vida - Coldplay)

Je m’allonge dans ces draps
Emanant tes effluves,
Me remémore nos ébats ;
Notre alcôve une étuve.

Ta présence est virtuelle,
Le manque croissant,
T’imaginant si belle
Sous le soleil catalan.

Ton retour attendu
Ce, dès le départ,
Assure cette étendue :
Ton cœur mon étendard.

31/07/2008

Ô feu ! (sur le grand incendie - Noir désir)


Tes langues bifides lèchent la matière,
Ta rouge bouche n’offre aucune échappatoire.
Tu mâches, te réchauffes, puis tu digères
En tas fumant ton impassible victoire.
Photo : Raph
Retouches : Mendo Solo

25/07/2008

Le don du trèfle (sur Mutefish)

Tes rues amassent la foule,
S’agglutinant à la musique,
Mêlée à ce breuvage qui saoule
Et qui te rend si fantastique.

Ici ton peuple l’a dans le sang,
L’écoute, la joue en permanence.
Est-ce une culture des sons, du sens ?
Ou la sent-il dès sa naissance ?

Ajoutons que tu la conserves,
Tu la rends libre et accessible ;
Vivante, sans aucune trêve
Dans les yeux gais de ses disciples

Mangeant grâce aux tourneries
Qu’ils diffusent en ton sein,
Que les passants gratifient
D’une pièce, d’un geste de la main.

Ces rythmes, ces danses,
En toi-même, adorés.
Elle y vibre et elle est dense,
Ville au trèfle arboré.

20/07/2008

Mon frère (sur la B.O. de O'Brother)

Mon frère,
Ton sang coule dans mes veines
Et nos voix sont les mêmes.

Mon frère,
Nos physiques nous diffèrent
Mais nos cœurs interfèrent.

Mon frère,
Ta haine était la mienne
Lorsqu’ils t’ont approchés ;
Un bonheur en tandem
Aux victoires empochées.

Mon frère,
L’un ne fait pas l’autre
Pourtant tu le ressens,
Cette musique est la nôtre
Et ce rythme incessant.

Mon frère,
Nos pères se déchirant
Par l’argent, s’évitant
Ne connaissent ce sentiment
Nous unissant, nous attirant.

Mon frère,
Je te retrouve de nouveau
Rapprochés par mon fardeau.

Mon frère,
Ta générosité devient mienne,
Ma raison devient la tienne.

Etienne,
Ne commettons jamais l’erreur
Conduisant à la rancœur
Qui fait que notre père
Ne sait ce qu’est un frère.

04/07/2008

Le verrou (sur Pleasure - Morley)

Le verrou pourra-t-il sauter ?
Arriveras-tu à le crocheter ?
Ce que tu aperçois par la fente
N’est qu’autre âme qui te hante.

Es-tu donc prêt à partir ?
A tenter destin qui t’attire ?
Oublier pressions inconscientes
Qui empêchent l’entreprenante

Prise de pouvoir sur soi-même.
Contrôle total d’un emblème
Que tu sauras brandir au cas où,
Tu auras fait sauter ce verrou.

Photo : Raph

27/06/2008

Les épis de blé (sur Still wonder - Jonny Lang)

Les épis de blé se souviennent encore
De ces rires et de ces corps,
Qu’ils virent jouer à leurs côtés
A des délires envoûtés.

Escapade quasi nocturne
Sous ce croissant de lune,
Et ces épis à peine dorés
Qu’aujourd’hui je vais adorer.

14/06/2008

Mon épreuve remportée (sur Lost - Noir Désir)

Un genou à terre
Je me suis relevé,
Deux genoux à terre
Persistent les pieds.

Tu n’auras pas le reste
Je ménage mon corps,
Ma trop grande souplesse
Pour toi dure comme de l’or.

07/06/2008

L'amitié retrouvée (sur Bring me to life - Evanescence)

C’est le moral à zéro que je t’ai ressentie,
Tu relèves mes épaules, me redresse tel un I.
J’étais abattu mais je redeviens humain,
Après creuser la terre, je regarde au loin.

Et tes rires partagés me réchauffent le corps,
Nous devenons soudés comme les doigts d’un accord,
Sans fausse note nous jouons cette joie
Qui nous lie désormais sous le même toit.

Sans ces moments durs je ne connaîtrais ces bons,
Ceux qui me soutiennent, ceux sans concessions.
Résurrection à l’agréable métamorphose,
Merci pour tout, tu es devenue ma cause.

30/05/2008

Le mauvais imprévu (sur Back in black - ACDC)

Lorsque l’imprévu ponctue la vie,
Il est rare qu’au moment venu je souris,
Instant pénible, voyage en galère,
Les tambours de mon cœur battent misère.

Lorsque l’imprévu n’est que trace de mémoire,
Il est saisissable et vécu dans le tard,
C’est alors qu’il emplit mon cœur d’un fruit
Vieilli d’amertume s’appelant nostalgie.

24/05/2008

Mon âme soeur

Par où commencer pour vous parler d’elle ? Je ne me souviens même pas de notre première rencontre, j’étais bien plus qu’enfant. Pourtant, elle me berçait déjà très probablement et je devais la suivre de manière maladroite. Elle, qui m’est toujours restée fidèle, au-delà de toutes autres aventures, pour le moment vouées à l’échec. Elle reste cependant là, elle me tend la main et me réconforte lorsque je suis triste ; pousse ma joie au maximum dans les moments de gaieté, bien souvent en la parodiant.
J’essaie tant bien que mal de l’amadouer, de l’utiliser pour en tirer les essences mêmes. D’autres, trop nombreux, s’y sont lancés bien avant moi et ont réussi tellement de merveilles avec elle ! Je ne suis qu’un emprunté en sa compagnie et le peu de réussite que je peux avoir me donne de la fierté.
Je préfère bien plus l’écouter et la laisser faire. C’est un plaisir totalement différent. Elle peut être habillée de n’importe quelle manière, il y a continuellement quelque chose d’indéfinissable en elle qui me flatte. Sa beauté est purement intérieure, elle ne cherche pas à duper. Néanmoins, il est arrivé, et malheureusement il arrive de plus en plus qu’on se serve d’elle pour tromper. Une horde de maquereaux arrive à en tirer profit. Mais je sais que cela reste superficiel et que le fond est intact. Heureusement ! Je souhaite évidemment ne pas me tromper en écrivant que la créativité faisant son charme premier persistera.

Connaît-on d’ailleurs le moment même où elle est venue au monde ? Qui était là lorsqu’elle a poussé ses premiers cris ? Quel était son but primaire ? Est-il le même depuis toujours ou a-t-il changé de cap ? Est-elle uniquement là pour nous divertir ou nous soigner ? Toutes ces questions la rendent irrésistible.
La musique est pour moi cette sensation indispensable. Sa fidélité véritable me conforte, je suis heureux de vivre cet engagement éternel qui a pimenté et égayé ma vie depuis le début. De plus en plus, j’apprends à la connaître en détail, embellie de toutes ses subtilités qui en font sa grandeur. Je ne la connaîtrai jamais par cœur, heureusement ; avantage qui fait qu’elle continuera à me surprendre.

16/05/2008

Sempiternel trésor (sur Gipsy project - Sara Lazarus)

Ce sourire sempiternel,
Orné de deux étincelles,
Pétille la morosité
D’une vie abîmée.

Qu’il dure et efface
Le doute dans la glace ;
Qu’il m’égaye encore,
Sempiternel et doux trésor.

11/05/2008

A Dam (sur Hotel California - The Eagles)

Dans le noir, éclairé par les rivages du port,
Je quitte véritablement la capitale des plaisirs ;

A Elles, s’appropriant contre dû de parfaits inconnus,
A ces lieux où l’esprit se dissipe avec le brouillard,
A ces rues étriquées où se frôlent les ethnies,
A ces démarches titubantes provoquant la rencontre,
A ces rires incessants le long des canaux entrelacés,
A ces désirs assouvis dont la tête est apaisée ;

A Dam, fière Dame, adoucissante exaltation.

07/05/2008

Femme au violon (à Anne-Sophie Mutter)

Quand tes bras se courbent sur le bois vernis,
Que tes hanches ondulent au son des ouïes,
Ta tête, fièrement, impose le tempo,
Crissement jouissif frémissant la peau.

25/04/2008

M'égarer aux flots (sur Shine on you crazy diamond - Pink Floyd)

Elle me fait face. Majestueuse. Immense. Mon regard reste dans la vague. Je la fixe : elle ne cesse de mouvoir, de s’élever pour s’abattre à mes pieds. A chaque fois qu’elle repart, elle emmène un peu plus mon esprit. Elle me vide totalement. Je suis heureux de l’avoir retrouvée. Elle me manquait. Pourtant, je lui jette à la figure un nombre incalculable de ces pierres rondes, en restant cependant inoffensif. Elle engloutit ma haine et ne me la rend pas. Le son qu’elle émet en continu me fait planer, me relaxe. Je ne pourrais penser qu’à mes soucis en restant là, à la regarder, mais ce n’est pas le cas. Elle m’occupe, me capte. Je n’arrive pas à la voir dans sa totalité, elle est bien trop immense ; mes yeux naviguent donc aux côtés de ces mesquins bateaux qui tentent de l’emprunter, s’en allant au large. La brume s’est collée à elle, ce qui renforce l’atmosphère évasive du moment. Seules quelques lumières rouges percent cet épais brouillard.
Je souhaite rester là. L’envie de la quitter ne m’a même pas traversée. J’aimerais m’endormir ici dans un duvet bien chaud, et l’entendre continuer à chanter cette berceuse incomparable.
Malheureusement, je dois partir…