14/07/2015

Manière de voir 141 - Libre-échange, la déferlante


Encore actuellement en kiosque (ou à commander), le n°141 de Manière de voir, qui compile des articles issus du Monde Diplomatique, des cartes, chronologies, etc... sur le libre-échange. Complètement d'actualité avec le TAFTA, le document nous parle des verrous qui sautent pour toujours plus de marchandises à bas prix, si chères aux consommateurs de la 1ère heure ; des conséquences environnementales, sociales, économiques et humaines de tels accords ; de la mondialisation/privatisation qui en découlent. 8,50€ pour un livret très complet et issu d'un journal indépendant, vous en aurez pour votre argent.

08/07/2015

Actualités en Grèce - Blog de Yannis Youlountas

Pour suivre l'actualité de la Grèce en dehors des sentiers tous tracés et de l'information/propagande des médias mainstream, vous pouvez vous rendre sur le blog de Yannis Youlountas. Le franco-grec, réalisateur du film Ne vivons plus comme des esclaves et bientôt du film Je lutte donc je suis, y tient une information de qualité et contre-informe ce que déversent le "petit écran", journaux et sites génériques, qui inondent malheureusement les foyers.

30/06/2015

E. M. Forster - La machine s'arrête

A nouveau un livre visionnaire paru aux éditions "Le pas de côté" : il s'agit de La machine s'arrête d'E. M. Forster. Publié en 1909, cette nouvelle est une anticipation de l'homme qui ne communique plus qu'à travers une machine. Les contacts humains y sont quasi inexistants, sorte de prévision d'un monde où Internet et les réseaux sociaux ne seraient plus que les seuls vecteurs du langage. L'enfermement des hommes qui est décrit dans l’œuvre de Forster me rappelle Le successeur de Pierre de Jean-Michel Truong (paru 1999). Peut-être ce dernier s'en est-il inspiré ?

21/06/2015

Hervé Kempf - La crise écoLomique



J’assistais récemment à une conférence donnée par Hervé Kempf (www.reporterre.net) dont le sujet était une contraction : « la crise écoLomique ». J’ai essayé de retranscrire au mieux son discours afin de partager l’une de ses analyses.
Il y a environ 70000 ans, l’homo sapiens sapiens se répand et connaît la « révolution néolithique ». Pour la première fois, l’homme vit au travers de l’agriculture et apprend à stocker des réserves de nourritures, ce qui l’amène à s’organiser en sociétés plus sophistiquées. Jusqu’au XVIIe siècle, la disponibilité énergétique par individus resta semblable à celle de cette 1ère révolution. Les sociétés atteignaient alors les limites par rapport aux surfaces agricoles disponibles.
Un changement s’est opéré en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles avec la révolution industrielle. Une divergence de disponibilité énergétique par individus a commencé à apparaître avec une augmentation de celle-ci pour l’Europe et les Etats-Unis, où la consommation énergétique et matérielle s’est accrue et détachée du reste du monde. Plusieurs explications à cela : le charbon a commencé à être exploité et était facile d’accès (contrairement à la Chine de l’époque qui possédait de réserves qu’il était impossible d’aller chercher) ; l’Europe a bénéficié des ressources de l’Amérique : le coton (1ère industrie qui a existé et qui est venue balayer les contraintes agricoles du lin ou de la laine) ou encore le sucre. Ces gains ont engendré un cercle « vertueux » qui peut être résumé ainsi : machines, manufactures, puissance, armement, suprématie qui ont conduit à la colonisation et la révolution industrielle.
La consommation énergétique et matérielle d’un européen atteint aujourd’hui 50 fois celle d’un tanzanien, par exemple, et sur l’échelle de temps où l’homo sapiens sapiens est présent, cela ne fait que 200 à 300 ans que la disponibilité énergétique par individu est si inégale.
Par la mondialisation économique et culturelle, une convergence Nord-Sud de disponibilité énergétique par individu a commencé à s’initier, pour que la consommation énergétique et matérielle de ceux du Sud rejoigne celle du Nord. Cependant, les conditions écologiques ont complètement changé. La consommation des individus est bien supérieure à ce que la planète peut donner, la disponibilité de toutes les ressources s’amoindrie, la pollution généralisée des écosystème a entraîné la 6ème extinction massive des espèces (la dernière était celle des dinosaures), et le climat se réchauffe et occasionne déjà différents désastres.
Cette convergence de disponibilité énergétique par individu ne se fera donc pas dans ces conditions, à fortiori avec 9 milliards d’êtres humains sur la planète. Le niveau de convergence sera inférieur à celui des pays du Nord, ayant pour conséquence une baisse de consommation énergétique et matérielle. Celle-ci a déjà commencé en 2007-2008 avec la crise financière, depuis la baisse s’est opérée en occident et continuera.
Mais au sein des pays occidentaux, un clivage apparaît car le niveau de consommation diminue pour la frange la plus pauvre de la population, tandis qu’elle augmente pour la plus riche (1 à 5% de la population). Cette évolution forte des inégalités s’accentue depuis les années 1980 avec les politiques issues de Reagan et Tatcher, pour lesquelles la relation capital-travail est biaisée. S’observe alors un déplacement du pouvoir, de l’influence politique vers des oligarchies, qui empêchent les évolutions et réformes nécessaires pour réduire la consommation énergétique et matérielle.

Hervé Kempf propose alors 2 scénarios :
1- L’oligarchie conserve la clé du verrou par l’autoritarisme, la répression, le contrôle médiatique, la stigmatisation et le repli sur soi. La course aux ressources énergétiques continue, ce qui conduira fatalement à la barbarie.
2- On comprend cela et on s’organise pour s’adapter en reprenant le contrôle des marchés financiers, des banques ; on réduit les inégalités par la solidarité (redistribution de la richesse collective) et on change le modèle culturel de ce qui est désirable (faire prendre conscience de cela à la classe moyenne est indispensable car elle représente 40 à 50% des personnes) ; on libère des ressources pour une économie qui a le souci écologique et humain (« écologiser l’économie »).
Hervé Kempf conclue alors que nous avons les moyens de vivre le 2nd scénario car ça bouge. Les mouvements sociaux et populaires sont partout (exemples : printemps arabe, Notre Dame des Landes, résistance à l’exploitation du gaz de schiste, Syriza, Podemos, etc…) et rassemblent de plus en plus de gens.

12/06/2015

Fiches pédagogiques de Marie-Monique Robin

Vous trouverez en lien 30 fiches pédagogiques que Marie-Monique Robin a rédigées pour accompagner son documentaire "Sacré croissance". Simples et claires, elles permettent à tous de comprendre certains enjeux majeurs liés aux crises écologiques et économiques, et surtout de pouvoir construire son argumentaire afin véhiculer au mieux ces messages cruciaux.

31/05/2015

Léon Tolstoï - L'esclavage moderne




Je viens de terminer « L’esclavage moderne » de Léon Tolstoï, publié en 1900, et ce livre s’inscrit dans ceux qui me bouleversent, déposent des germes de questionnements au plus profond de mon être. Il m’ouvre en effet les yeux sur le travail salarié. Bien que le terme « d’esclavage » paraisse fort si on le compare aux conditions de l’esclavagisme en tant que tel, et que les conditions de travail aient largement évolué depuis la rédaction de cet essai, il n’en reste pas moins que je suis obligé de me lever tous les jours pour aller gagner ma vie, tout en sachant que cela rapporte beaucoup plus à ceux qui sont au-dessus, en occultant clairement une part de ma liberté. L’auteur le dénonce aisément, en anticipant même que l’arrivée du socialisme productif ne changerait rien à cela.
Tolstoï soulève également une question intéressante en demandant ce qui pousse l’homme à soumettre sa liberté pour en tirer un pécule à travers un labeur. Je me suis également posé cette question, et vais tâcher d’y répondre comme je peux. Dès le plus jeune âge, nous entrons pour la majorité dans un système éducatif de compétition adapté au marché de l’emploi, auquel la scolarisation répond en proposant des diplômes ajustés aux entreprises, et particulièrement aux multinationales. Un conditionnement en bonne et due forme dont le fonctionnement n’est jamais remis en cause radicalement, et qu’en tant qu’enfant immature il est impossible de déceler. Bien entendu, ce n’est pas le seul système éducatif à remettre en cause. Il y a aussi celui des parents, mais ils ont eux-mêmes été conditionnés, sont salariés, et n’ont souvent d’autre choix que de nous offrir à la scolarisation décrite ci-dessus. Pour ma part, j’ai suivi ce chemin jusqu’à l’obtention du diplôme qui m’a conduit à mon 1er travail salarié, puis arrivent les premières dettes pour l’achat d’une maison avec ma femme. Me voilà prendre conscience de tout cela en cet instant, tel un grand enfant qui croyait encore hier au père Noël, et à qui l’on vient d’annoncer que c’était une mascarade depuis tout ce temps. Par le biais de ces dettes, le verrou est posé et la liberté est entravée. Je suis bel et bien pieds et poings liés à mon travail. En effet, si je ne l’honore pas, je ne pourrais plus rembourser mon crédit immobilier, ayant des comptes à rendre à ma banque.
Quelle est donc ma marge de manœuvre aujourd’hui pour retrouver cette liberté ? Vendre ma maison et quitter mon travail ? Quels sont les risques pour ma femme et mes enfants que j’entraînerais dans mon sillage ? Pour vivre où et pour faire quoi ? Car mon diplôme universitaire ne m’a pas appris à vivre de mes mains. Sans l’entreprise qui m’emploie et ses outils techniques et de production je ne peux faire valoir mes connaissances acquises jusque mes 20 ans. Je suis par conséquent bloqué par la peur de ne pas arriver à subvenir aux besoins fondamentaux.
Je pense donc qu’il est nécessaire de revoir en profondeur le système éducatif actuel. L’école doit apprendre dans un premier temps les bases de la vie conduisant à l’autonomie, tout en apprenant aux élèves à résoudre des problèmes de la vie de tous les jours en coopération. Ensuite, dans un second temps si tel est leur choix, continuer des études plus complexes. Si je regarde dans le rétroviseur de ma scolarité, combien de notions abstraites et compliquées sont tombées dans les limbes alors que j’étais censé les maîtriser à l’époque ? Une large majorité.
Maintenant, gagner ma vie par le fruit de mon travail est toujours possible, et tout plaquer est un choix qui m’appartient (et que je dois discuter en couple). Cela demanderait des efforts considérables et la nécessité de mettre une croix sur des habitudes de vie confortables dont on ne se rend même pas compte. Suis-je prêt à vivre cela en emportant avec moi ma famille directe ? Me sens-je suffisamment réfléchi et préparé ? Certains l’ont déjà fait et on retrouvé quiétude et bonheur simple. Pourquoi ne pas commencer par regarder vers eux avant d’agir trop vite ?

18/05/2015

Globalia - Jean-Christophe Rufin

En 2004, Globalia, roman de Jean-Christophe Rufin, était publié. Je viens de l'achever et il m'a alerté, un peu à la manière du Meilleur des mondes, 1984, et bien d'autres dystopies dont j'avais déjà parlé ici. La sensation que m'a procuré ce livre (peut-être parce que c'est le plus récent dans la série de romans que j'ai mis en lien), c'est que bien que classé dans l'anticipation, il devrait plutôt être considéré comme une caricature du monde tel qu'il est.
En effet, dans le roman, la société mondialisée à l'extrême (Globalia) vit dans une bulle de verre sous forme de "démocratie" et regroupe en gros les pays occidentaux. Tout ce qui est hors de Globalia est considéré comme "non-zone". Ceci est déjà vrai lorsqu'on regarde les multiples clivages Nord-Sud. Et l'oligarchie ayant la mainmise sur Globalia - à travers les médias - entretient des menaces des non-zones (exagérées ou montées de toute pièce) afin d'aller vers toujours plus de sécuritarisme et d'entretenir cette "démocratie" aux citoyens complètement apolitiques et totalement béats.
Cela me marque, car lorsque je me retrouve parfois (très rarement) devant le journal d'information, devant les unes de la presse des médias de masse, à écouter la radio et à discuter avec des gens autour de moi, c'est exactement ce qu'il se passe. Puis, on légifère afin de facilité le renseignement... Bien joué ! C'est le meilleur moyen de continuer ainsi et de ne jamais pouvoir remettre en cause un système à la dérive, tel qu'on peut l'imaginer dans ces livres.
C'est donc à croire que ces romans, dont on dit qu'ils sont de la fiction, sont en fait visionnaires et devraient passer de mains en mains pour éclairer chacun sur la noirceur qui s'étale sur notre monde.

08/05/2015

Illichville, quel modèle de ville pour la décroissance ?

Voici en lien un rapport datant de 2011 de Fabien Costanzo alors étudiant de l'ENSASE (Ecole Nationale Supéieure d'Architectes de Saint-Etienne) qui a abordé le thème de la décroissance afin d'élaborer un modèle de cité basé sur ce concept, appelée "Illichville". Après une critique des aberrations capitalistes aboutissant aux agglomérations actuelles, il expose ensuite des bribes d'idées qui pourraient alimenter les villes post-carbone.

01/05/2015

La révolution des sols vivants

La révolution des sols vivants est un superbe documentaire de Perrine Bertrand et Yan Grill, dans la lignée de secrets des champs, qui questionne d'une part sur nos modes de production alimentaire actuels, et qui d'autre part nous montre, nous propose des alternatives. Les explications sont toujours simples et sans appel et permettent de comprendre quelques mécanismes liés à la biologie du sol.
Pour aller plus loin, le livre dont le film est inspiré "Le génie du sol vivant" de Bernard Bertrand et Victor Renaud (éd. de Terran 2009), rentre dans le détail de ces mécanismes avec un vocabulaire toujours compréhensible et explore beaucoup plus les auxiliaires vivants qui rentrent en jeu.

11/04/2015

Serge Latouche - Renverser nos manières de penser

 

Il existe de petits livres aux grands contenus. Celui-ci en fait partie. "Renverser nos manières de penser" (2014, ed Mille et une nuits) relate des entretiens avec Serge Latouche sur bien des sujets. Crise, monnaie, politique, alternatives, etc... ; mais aussi comment s'est construite la pensée de cet auteur de nombreux livres sur la décroissance.
Un condensé de l'objection de croissance, du pourquoi elle devient une nécessité et où se dessinent les grandes lignes d'un monde durable pour tous.

29/03/2015

Vegemiam, la nourriture sans viande

Nous savons pertinemment que manger trop de viande est néfaste pour un tas de raisons. Afin de donner des idées pour s'engager à son rythme dans ce changement d'alimentation, voici le lien vers vegemiam, un site compilant des recettes de cuisiniers blogueurs dont les plats et desserts sont végétariens ou végétaliens (parfois sans gluten). Même avec des ingrédients basiques, il est facile de trouver des mets originaux qui permettent de se faire plaisir simplement, en amorçant sa transition alimentaire.

15/03/2015

La flamme tricolore

Dans l'attente des élections prochaines, et des futurs résultats avancés par les sondages, ceci m'a inspiré un petit poème :

La flamme tricolore

Des branches encore de vert moisissent le cœur jeune
Certaines à l'opposé, à cent printemps bourgeonnent
L'âge ne semble pas raison d'être putride
Où s'initie le feu gît une part de vide

Le bois pourri gagné d'une flamme tricolore
Puisé de tout son sens, aisément se dévore
Transformé en brasier par cette intolérante
Consumé et vaincu, dépérira en cendres

Le feu s'étend toujours en désert inhumain
Attisé d'un vent creux, brûlant tous les terrains
Que les arbres variés à la sève tonique
Craignent de voir en tant que paysage unique

Mais les langues fendues rougeoyantes crépitent
Finissent par cerner d'un piège hypocrite
Un ébène esseulé, délaissé des semblables
Cramoisi puis réduit de façon lamentable

Pyromanes pompiers s'accoutument à la braise
Des cloques au bout des doigts, nourrissent le malaise
Jusqu'à ce que le feu remporte la victoire
Et dans un tourbillon fasse flamber l'histoire

07/03/2015

Jean Gadrey - Adieu à la croissance

Récemment, je finissais de lire Adieu à la croissance - bien vivre dans un monde solidaire de Jean Gadrey (2010 ed Les Petits Matins/Alternatives Economiques). J'avais découvert Jean Gadrey dans le documentaire de Marie-Monique Robin "Sacrée croissance". Cet essai démontre de façon claire les multiples impasses dans lesquelles nous nous engouffrons en favorisant la politique capitaliste-croissanciste-productiviste, agrémenté de quelques graphiques très simples. L'auteur oriente également vers un modèle alternatif en en posant les fondements, qu'il sera incontournable au vu de l'ampleur des crises que nous traversons.
Son blog est également très instructif.

17/02/2015

Nature, le nouvel Eldorado de la finance

Aujourd'hui je vous propose un lien vers un documentaire récemment diffusé sur Arte, intitulé Nature, le nouvel Eldorado de la finance (ajouté dans la liste des vidéos du blog).
Comment ne pas être atterré par la tournure réelle que prend ce mensonge : l'argent pour sauver la nature ; avec pour objectif principal de ne rien changer à nos modes de vie désastreux socialement et environnementalement, que l'on camoufle avec un bon coup de peinture verte.
Pourquoi vouloir donner absolument un prix à toute chose, si ce n'est pour que quelques uns en tire profit ? Je reste certain que la nature ne peut être mercantilisée, que regarder la brume qui nappe le soleil poignant d'un matin hivernal ne pourra pas devenir une source de revenus mais doit rester - comme cela a toujours été - une gratuité universelle enjouant nos plaisirs simples. Vers quel monde allons-nous, franchement ?

13/02/2015

Albert Jacquard - Voici le temps du monde fini


Dans le petit essai Voici le temps du monde fini, Albert Jacquard expose en 1991 la finitude de la Terre et de l'expansion de l'Homme. Avec une approche scientifique, par laquelle il démontre que nous avons souvent cherché à expliquer tout ce qui nous entoure de manière rationnelle afin de repousser toujours plus loin les limites, il décrit clairement en première partie que nous nous heurtons aux barrières naturelles, immuables. Dans une seconde partie, il aborde le délicat problème de la démographie et des ressources, en gageant de voir émerger une humanité plus "adulte", consciente de ses dégâts, des problèmes à solutionner, et prenant en charge son avenir pour celui des générations futures.
Albert Jacquard avait, de façon plus concise, fait part de cette vision en mai 2004 dans un article au Monde Diplomatique, intitulé Finitude de notre domaine.
Presque 25 ans depuis l'essai, et 10 ans depuis l'article, force est de constater que nous sommes loin de ses espérances concernant la prise de conscience globale. Un long chemin reste à parcourir, et ce message que je vous adresse en est un pavé.

04/02/2015

Eugène Zamiatine - Nous autres


Avant Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley (1931), 1984 de George Orwell (1949), Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (1953), Un bonheur insoutenable d'Ira Levin (1970), ou encore La zone du dehors d'Alain Damasio (1999) ; Eugène Zamiatine dépeint en 1920 dans Nous autres une société de contrôle placée sous l'égide de l’État Unique, critique de ce qu'il sent émerger en Russie avec Staline.
Dans un style qui lui est propre, à la limite de l'onirisme et truffé de belles métaphores, Zamiatine s'impose en visionnaire dystopique d'un peuple qui se croit heureux, mais dont le destin est déjà bouclé et cerné. Bien qu'avec une description moins détaillée de la société qu'il imagine si on le compare aux romans d'Orwell, Levin ou Huxley, ce bijou est à placer dans la même lignée en tant que précurseur. Je le conseille vivement !

31/01/2015

Liste de vidéos avec liens

J'ai trouvé important d'annexer une page à ce blog, dans laquelle j'ai compilé l'ensemble des documentaires intéressants que j'ai pu voir ces dernières années ; tout en essayant d'en donner les liens.
Cette liste est celle de tous, j'espère que vous me solliciterez pour la modifier, la compléter, la faire évoluer. J'essaierai, du mieux possible, de l'entretenir et de signaler les liens nouveaux.

La page est accessible en haut du blog ou à ce lien.

17/01/2015

Emotion et récupération

Je n'avais pas encore pris le temps de m'exprimer au sujet des attentats contre Charlie Hebdo, préférant observer et tenter de comprendre les réactions multiples qui ont suivi. Certaines, bien que diverses, m'ont interpellé et permis d'analyser la situation, comme celles d'Abd Al Malik, de Caroline Fourest, de Frédéric Lordon, ou encore de Benoît Thévard (qui résume au mieux le fond de ma pensée).
Il est clair que des politiques de toutes parts vont tenter de récupérer au mieux ces évènements, afin d'occulter les échecs de leurs réformes, de redorer les blasons, et bien sûr de renforcer les mesures sécuritaires déjà en place.
Mais est-ce une raison pour fustiger l'ensemble des 3 à 4 millions de personnes ayant participé à ces rassemblements, brandissant un "je suis Charlie", message clair et flou à la fois ? Je ne crois pas, car beaucoup ont manifesté leur peine et leurs émotions à travers ce slogan sans penser qu'il pouvait être récupéré, venant souiller le réflexe sensible d'une population blessée.
Ma crainte principale est de savoir quelles seront les conséquences - par le biais de mesures - qui découleront de l'évènement : sécuritarisme renforcé et dissimulation plus accrue des problèmes de société, ceux qui conduisent indirectement à de telles tragédies.
Oui, il ne faut pas oublier que ce sont les inégalités, l'exclusion, l'ignorance, le manque de culture, d'éducation, la misère (au sens où les besoins fondamentaux ne sont pas comblés), qui font le terreau du terrorisme dans toutes ses formes, et qui placent la liberté dans un étau qu'on ne cesse de serrer.
Vivre bien, tous ensemble n'est qu'une utopie dirons certains, mais j'estime l'Homme suffisamment intelligent pour arriver un jour à exister dans la coopération en assimilant les différences, plutôt que dans des rapports de force sans cesse mouvants, conduisant à coup sûr à la haine de l'autre, la terreur et la guerre.

11/01/2015

Plus rien...

Je partage aujourd'hui une interprétation magnifique du titre plus rien des Cowboys Fringants. Cette chanson, reprise par une fillette dans le prochain film de Jean-Paul Jaud "Libres !", me donne les larmes aux yeux.

03/01/2015

Voeux de 2015 - Severn, la voix de nos enfants

Voici une nouvelle année qui commence. Lorsque j'évoque mes vœux pour 2015, j'ai l'impression d'avoir un cran de retard ; ou bien que des souhaits similaires eussent déjà été faits par le passé, et qu'aucun d'eux n'aient été réalisés. Je parle en effet de ceux de Severn Cullis-Suzuki en juin 1992 au sommet de la Terre à Rio de Janeiro. C'est en visionnant le film de Jean-Paul Jaud "Severn, la voix de nos enfants" que je pris connaissance de ce discours monumental qu'une fille de 12 ans lança à la face des dirigeants du monde d'alors.
Ce film est pour moi une réussite totale, tant par le message qu'il véhicule, que par la réalisation. Prenant comme fil conducteur ce fameux discours, ainsi que les interventions de Severn au moment du tournage (âgée de 29 ans en 2009), Jean-Paul Jaud donne la parole, la discussion, à des personnages du monde agricole, des maires, ainsi qu'à des personnalités telles que Gilles-Eric Séralini, Pierre Rabhi ou encore Nicolas Hulot. Entre chaque échange,  chaque information, la beauté des images et la musique laissent pour transition le moment de la digestion, de la réflexion, et c'est à mon avis ce qui donne un certain enthousiasme. Ce style, assez propre au cinéaste, a également été utilisé dans "Tous cobayes !", quoiqu'avec un discours plus fataliste (ce film, de 2012, a été réalisé pendant l'incident de Fukushima).
Mais revenons au message du film, qui n'est autre que le prolongement de celui initié par Severn 17 ans plus tôt (22 ans à ce jour). Adressé à ceux qui ont les clés pour ouvrir les portes d'un monde plus juste et moins pollué, moins gaspilleur et avec une biodiversité retrouvée ; il met en garde contre les décisions qui vont à l'encontre des générations futures, à qui on vole d'avance une part de bonheur. Ceci, en esquissant par intermittence des alternatives agricoles pérennes.
Je me vois donc en ce jour de vœux, de lot de résolutions, d'être un autre vecteur de ces paroles nécessaires. D'autant plus que 2015 est l'année de la conférence du climat à Paris, qui réunira 194 pays. J'espère de tout cœur que les dirigeants auront enfin pris la mesure d'un tel événement et que ce rassemblement n'accouchera pas d'une souris, une fois de plus. Croyons dans le fait que chacun est capable d'être moins égoïste et de raisonner de façon globale, pour le bien de l'humanité présente et pour celles qui suivront.
Bien entendu, préférons ne rien attendre pour débuter le changement à l'échelle locale et individuelle. posons-nous la question de chaque geste, chaque décision, chaque achat que nous faisons, afin de ne pas entretenir l'effet papillon de la mondialisation.
Il me paraît donc indispensable de terminer ces vœux par une vision que l'on qualifiera d'utopiste, mais en laquelle j'aspire, qui est de semer le bonheur et de vivre heureux en profitant sobrement de la vie.

Merveilleuse année 2015 à tous.