22/06/2014

Quand la réalité de l'écran dépasse la fiction

Dans des romans de science fiction publiés au cours de moitié du XXe siècle, les dystopies présentent bien souvent l'écran comme un danger, un vecteur aliénant de propagande qui s'immisce dans l'intimité de la vie quotidienne. On peut par exemple retrouver cette idée dans des chefs-d’œuvre  tels que 1984 de George Orwell et Farenheit 451 de Ray Bradbury, publiés respectivement en 1949 et 1953.
Cette fiction est devenue déjà bien réelle 20 à 30 ans plus tard avec la démocratisation du téléviseur individuel. Qu'en est-il alors aujourd'hui ? La réalité de l'écran a dépassé la fiction. En ce début du XXIe, les écrans sont entre toutes les mains, en permanence. Ils interrompent les conversations, sont manipulés en toute circonstance, vous glissent leurs messages publicitaires et désinformations gratuites. Des imitations sous forme de jouets permettent de conditionner les  nourrissons à même le berceau, et les parents se réjouissent de voir leur bambin manipuler l'objet avec tant de dextérité.
Mais on voudrait aller encore plus loin avec les lunettes écran, minimisant encore plus l'effort et poussant encore plus loin l'immersion totale dans un monde déconnecté de toute réalité. L'aliénation de masse, les liens sociaux et affectifs ont été bouleversés et le seront davantage. Ira-t-on même vers une société telle qu'elle est peinte dans le film Her de Spike Jonze (2013) ? Dans ce dernier, l'homme possède une oreillette qui le maintient connecté en tout temps. Des logiciels aux intelligences artificielles développées entretiennent des dialogues avec les êtres humains afin de leur donner un semblant de relation sociale, et certains tombent même amoureux de la voix desdits logiciels...
Apprenons donc à débrancher les écrans et à nous "immerger" à nouveau dans le monde réel, à profiter du contact de la chair, de la chaleur humaine, avant que la technologie les remplace par des relations frigides et dénuées de sens.

15/06/2014

Une alimentation saine et gratuite, c'est possible ?!

Hier, je participai à un café itinérant des colibris (pour plus d'informations sur ce mouvement, consulter http://www.colibris-lemouvement.org/) intitulé "une alimentation saine et gratuite, c'est possible ?!") animé à la façon d'une "conférence populaire" qui s'est déroulée de la manière suivante :
-Entre 20 et 30 personnes étaient réunies dans un café, réparties en petits groupes.
-Lors d'une première demi-heure, il fallait discuter du sujet principal puis, en concertation, écrire une nouvelle question toujours en rapport avec le sujet.
-Les nouvelles questions étaient ramassées dans un chapeau puis retournées par tirage à l'ensemble des différents groupes qui débattaient sur une nouvelle question (45min).
-Cette fois, il fallait apporter 2 réponses à la question.
-L'ensemble était ensuite compilé et discuté avec la totalité des personnes présentes, chacun pouvant s'exprimer librement.

Au final, plusieurs thèmes intéressants ont été abordés.
-Tout d'abord la notion de gratuité de la nourriture dans une société en transition ne peut pas être considérée comme de la charité (don unilatéral des aliments), mais comme un partage. Exemple : j'ai un potager et je donne une partie de mes récoltes à quelqu'un qui en contrepartie m'aide à semer, arroser, désherber, etc... Dans ce cas-là est généré un enrichissement social et un échange de connaissances qui apporte bien plus aux deux parties.
-La nourriture "gratuite et saine" pourrait être une valorisation des restes en fin de marché, des surplus ou encore de cueillettes (champignons, plantes sauvages, mûres, etc...).
-On pourrait aussi très bien imaginer le phénomène des "incroyables comestibles" omniprésent (http://www.incredible-edible.info/) à la manière de jardins collectifs. Bien qu'elle paraisse utopique, cette idée a surtout pour vocation d'interpeller sur la façon dont nous mangeons, de créer des liens autour de la production alimentaire qui doit être repensée localement, avec des produits de saison et de préférence biologiques.
-Par l'exemplarité ou en donnant des informations, les personnes convaincues peuvent amener les autres (pourquoi ne pas commencer par son entourage proche ?) à s'interroger sur leur alimentation, car bien souvent c'est par ignorance qu'on ne s'y ouvre pas. Par exemple en les emmenant dans une AMAP, en les faisant participer à des évènements locaux ou associatifs de ce genre, en les conduisant chez les producteurs, ou bien en leur procurant des livres ou des documentaires relatant les problèmes liés à l'industrialisation de l'agriculture (produits phytosanitaires, OGM, érosion des sols, perte de biomasse, etc...). C'est en montrant que des choses simples et primordiales rendent heureux que d'autres rejoindront ces courants d'idées.

Ce fut pour moi une expérience très enrichissante (je ne connaissais qu'une seule personne autour des tables) qui m'a permis de m'exprimer et d'argumenter sur ce sujet qui me tient à cœur. Ceci était plutôt facile puisqu'il n'y avait que très peu de divergences de point de vue sur le thème principal.
Pour finir je cite trois phrases exprimées par des personnes présentes :
"Quelqu'un qui mange sainement réfléchit sainement."
"Tout seul on va plus vite. Ensemble on va plus loin."
"Il vaut mieux amener quelqu'un à s'interroger plutôt que de vouloir le convaincre à tout prix."

09/06/2014

Vivre avec son temps

"Il faut vivre avec son temps" comme dirait l'autre. Une fois de plus cette citation a été utilisée par un de mes interlocuteur pour justifier un caprice de mode. Combien de fois est-il également utilisé pour acheter le nouvel appareil dernier cri ?
Vivre avec son temps veut-il nécessairement dire que l'on subit son époque et ses critères imposés asservissant toujours un peu plus l'homme ?
Je pense que vivre avec son temps c'est plutôt en avoir discerné les impasses, les problèmes et avoir commencé une réflexion sur ceux-ci. C'est réaliser le monde dans lequel nous sommes, renoncer à ce qui ne va pas ou ce qui ne va plus, et imaginer un assemblage plus soutenable et réaliste afin que nous puissions tous y vivre harmonieusement.

Vivre avec son temps c'est en réalité anticiper le futur...

28/05/2014

La guerre des graines

Documentaire récent intitulé "la guerre des graines" (https://www.youtube.com/watch?v=96c4MVdehhw) qui vient compléter, voire résumer des documentaires comme "le monde selon Monsanto" (https://www.youtube.com/watch?v=si_VATnmNME) ou encore "solutions locales pour un désordre global" (http://vimeo.com/70956171).
 L'agriculture, les semences, sont des clés de notre futur que nous devons apprendre à nous réapproprier pour nous ouvrir les portes de la souveraineté alimentaire.
A voir également dans le sujet "de Todmorden à Mamers, le projet des Incroyables Comestibles" (https://www.youtube.com/watch?v=sMfQ9Wx7Gzg&list=PLEB787A33DF6BA0E0&index=23)

22/05/2014

Ne vivons plus comme des esclaves

Lien vers le film de Yannis Youlountas :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?rubrique16

Pour compléter le film, il existe un beau livre photographique agrémenté de textes "Exarcheia la noire".

Ayant visionné le film lors d'une projection/débat, je peux compléter avec les propos recueillis après sa diffusion, lors des échanges entre la salle et le réalisateur (les propos ne sont pas exacts à 100% à cause de ma prise de note, mais le contenu et le fond n'ont pas été erronés) :
Il faut savoir que les armateurs grecques ont beaucoup de pouvoir, ils financent 70% de la télévision (privée, car la télévision publique n'existe plus en Grèce) ; et financent également 40% du parti néo-nazi "aube dorée". La décroissance économique a été de 30% à cause de la crise de 2008, il y a un taux de 30% de chômage avec une chute de 50% des salaires et retraites ; 38% des grecs n'ont plus de couverture sociale (elle est supprimée pour ceux qui restent trop longtemps au chômage : 1 an je crois si ma mémoire est bonne).
En ce qui concerne le "laboratoire alternatif" qui émerge après la crise, 2/3 des initiatives sont sur Athènes (Athènes représente 1/3 de la population grecque), et dans Exarcheia, "quartier" de 45000 habitants, on retrouve la moitié de ces lieux en auto-gestion, qui en font la zone autogérée la plus grande d'Europe.
Dernièrement, les partis dits "classiques" se sont effondrés, ne subsistant que par des coalitions et en changeant les noms des partis, comme pour effacer le passé.

Comparativement aux français, Yannis Youlountas soulignait que les grecques n'ont pas connu les 30 glorieuses, qu'ils sont assez débrouillards et n'ont pas connu, ou seulement récemment, le jetable et le consumérisme (par exemple la carte de paiement n'est arrivée que dans les années 80, soit environ 15 ans plus tard, ce qui veut dire que les gens "ne dépensaient que ce qu'ils avaient dans la poche"). La paysannerie n'avait pas été éradiquée des campagnes, et la petite pêche respectueuse de l'environnement était encore pratiquée (la crise a donc principalement atteint les villes). Il a ajouté également que ce pays, depuis sa "pseudo-indépendance" en 1830 a toujours connu des mouvements de protestation, de révolte, comme par exemple pour faire enlever des cartes d'identité la mention religion qui y apparaissait (pouvant générer des tensions, discriminations à chaque présentation de cette dernière). Après qu'il ait voyagé en Europe, il a constaté que seuls la France et la Hongrie ont des extrêmes droites aussi fortes. Il pense qu'en France il y a un problème de mémoire par rapport au fascisme. Un homme dans la salle a ajouté qu'ayant travaillé dans la télévision, il avait pu constater qu'elle "servait la soupe à l'extrême droite", qu'à chaque journal ou presque il en était question. Chez les jeunes également, le réalisateur constate qu'il n'y a plus trop de complexe en France avec l'extrême droite alors que c'était l'inverse il y a 15/20 ans.
A cela Yannis Youlountas insista sur le fait que cette société de consommation, qui éveille les tendances narcissiques et individualistes de chacun, rend individualiste et égocentrique. Les séries télé, la fiction, le modèle américain ont envahi l'imaginaire des gens. Pour lui cela génère également du fascisme.
Les échanges ont malheureusement été écourtés (fermeture de la salle) mais étaient riches et francs, le réalisateur très accessible et jovial, concluant brièvement sur la désobéissance civile à grande échelle.

Pour conclure à mon tour, j'ajoute que la crise qui nous attend en France risque de ne pas se passer tout à fait de la même façon qu'en Grèce. Peut-être que nous nous en sortirons beaucoup moins bien ? Il ne saurait tarder d'anticiper en trouvant un autre mode de vie pour faire face aux multiples crises (sociales, environnementales, économiques, ...) et de participer activement aux alternatives qui naissent ici ou là (en coopération, en autogestion), et en partageant le nécessaire plutôt qu'en accumulant les biens inutiles.

20/05/2014

Les paysans sont de retour

Voici un essai de Sylvia Pérez-Vitoria "Les paysans sont de retour". Livre très enrichissant qui complète un précédent poste aboutissant au documentaire intitulé "adieu paysans", et qui traitait uniquement le cas français (http://mendosolo.blogspot.fr/2014/03/adieu-paysans.html).
L'auteure, en 2005, faisait état de la situation paysanne mondiale, des différentes causes de sa déperdition, mais aussi de sa présence encore miraculeuse et indispensable dans les pays du Sud.
Les paysans sont-ils vraiment de retour ? Dans les pays du Nord ? En tout cas ce mode de vie persiste, garant de la biodiversité et des semences, et cela doit être encouragé pour notre souveraineté alimentaire, pour faire face à l'après-pétrole et pour une (ré)intégration d'un mode d'agriculture sans impact environnemental (avec bien sûr l'agroécologie, la permaculture, etc...).
 
Dans la conclusion, il y a cette phrase qui englobe bien plus que le sujet initial du livre mais qui souligne avec justesse que :
"Le vrai progrès, la véritable nouveauté, c'est ce qui améliore la vie, au sens large, de tous, non de quelques-uns."
Contrairement au cas agricole français (et de manière générale pour les pays de Nord)...

14/05/2014

Le secret des sept soeurs

Un documentaire complet sur le pétrole en 4 épisodes :

1-Tempêtes et fortunes du désert :
https://www.youtube.com/watch?v=Fitaaj_aPPo

2-Safari dans l'Eldorado noir :
https://www.youtube.com/watch?v=Ef4QgLziBm4

3-La danse de l'ours :
https://www.youtube.com/watch?v=ohPgSOxzQYI

4-Le temps des mensonges :
https://www.youtube.com/watch?v=Uth71gbm4L4

Cette enquête très complète et très enrichissante nous montre à quel point l'or noir est au cœur de (quasi) tous les conflits, que les populations et l'environnement sont délaissés pour aller chercher la moindre goutte. Beaucoup d'événements y sont révélés, avec toujours pour destiné l'enrichissement de quelques uns (politiques et multinationales pétrolières) au détriment des autres.
Devrons-nous encore baser notre futur sur l'or noir dont on sait la finitude, et par ailleurs mélangé au sang des hommes ?

13/05/2014

Conférence de Paul Ariès sur la décroissance


Des constats par une bonne analyse de la situation globale actuelle, puis des germes d'idées qu'il ne parvient qu'à nous d'essayer... Paul Ariès donne une juste synthèse d'1h sur comment en arrive-t-on à l'objection de croissance.

07/05/2014

La fin du pétrole ?

 https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=o7WBcxtgvro

Aujourd'hui encore je partage un documentaire. En moins d'1h, ce condensé permet de saisir l'omniprésence du pétrole dans notre quotidien et sa fin inéluctable.
Je tiens ce lien d'un blogger que je suis régulièrement sur : http://gorgerouge.over-blog.com/

Alors, prêts à ralentir ?

06/05/2014

A la recherche du temps perdu

https://www.youtube.com/watch?v=_7WBzadk1KY

Documentaire intéressant et bien conduit d'un journaliste qui se demande pourquoi le temps lui manque, et par extension pourquoi l'homme est-il sans cesse en train de courir après ce temps dont il est en défaut ?
Ce fil rouge va lui faire explorer les principaux rouages de notre société et ses machines qui se sont immiscées partout.
La fin de l'analyse tente de faire la part belle aux alternatives, mais seules les options radicales sont exposées, et les plus envisageables ou accessibles au plus grand nombre manquent de développement.

03/05/2014

La belle verte

La belle verte, un film de Coline Serreau de 1996, à l'humour certes décalé, offre une multitude de vérités sur l'état de notre monde actuel (le même en pire, depuis 96...) et sur ce que nous pourrions en faire pour tous vivre heureux. Une utopie, donc, mais pas que.

16/04/2014

La sensibilité du règne végétal

René Barjavel, que je cite à nouveau, écrit dans Le grand secret en 1973 :
"Qu'est-ce qu'une fleur ? C'est le sexe de l'arbre ou de la plante. Ou, le plus souvent, à la fois les deux sexes, mâle et femelle. Quand la fleur s'épanouit, son parfum, ses couleurs, sa beauté, c'est l'explosion de joie de la plante qui fait l'amour. Un pommier de Normandie, au printemps, se fait l'amour par cent mille fleurs. Comment peut-on croire que les plantes n'ont pas de sensibilité quand elles expriment d'une façon si fantastique la plus grande joie du monde ?"
Sincère et touchant...

11/04/2014

Un hiver trop doux (suite)

Je fais écho à un premier post intitulé "un hiver trop doux". En effet, ce matin, la même personne qu'évoquée précédemment nous dit qu'une sécheresse est apparement prévue pour cet été. Au lieu de le déplorer en se disant que ce n'est pas normal d'enchaîner autant de phénomènes extrêmes, cette personne s'en réjouit en s'exprimant textuellement de la sorte : "moi, la sécheresse ça me va bien, y'aura moins besoin de tondre..."
Le niveau de la mer monte, mais pas celui des consciences écologiques...

04/04/2014

Apogée de l'anthropocène

Homoeoconomicus, à l'apogée de l'anthropocène, arrivera-t-il un jour à faire partie intégrante des écosystèmes, ou bien subira-t-il la 6e grande extinction des espèces qu'il a lui-même amorcée ?

03/04/2014

Reporterre.net - Monsanto veut contrôler le business des abeilles

http://www.reporterre.net/spip.php?article5614

Un lien vers un article très intéressant et complet sur une autre mainmise de Monsanto : le business des abeilles. Cet article est tiré du site www.reporterre.net, que je recommande vivement pour étayer son argumentaire écologiste, car les enquêtes y sont souvent de qualité et indépendantes.

31/03/2014

Adieu paysans

https://www.youtube.com/watch?v=DaCqV9hD1wE

Voici un lien vers le reportage intitulé "Adieu paysans", qui retrace la disparition de la petite paysannerie au profit de l'agriculture intensive, industrielle, productive à fort impact environnemental. Des années 40 aux années 80, le documentaire fait part de l'évolution des modes de vie ruraux, de la transformation de ces territoires et terroirs, ainsi que des prises de décision des pouvoirs publics en la matière avec pour levier le Crédit Agricole.
Même si les années 80 à nos jours ne sont pas abordées sur le sujet (il aurait été intéressant de savoir si un retour des paysans est observé ?), il permet d'en avoir un aperçu élémentaire et clair, avec les images de l'époque.

29/03/2014

Citation indienne

"Quand le dernier arbre aura été abattu - Quand la dernière rivière aura été empoisonnée - Quand le dernier poisson aura été péché - Alors on saura que l'argent ne se mange pas."

26/03/2014

Un hiver trop doux

Nous avons tous constaté cette année le non-hiver qui a eu lieu. Très peu de jours où la température descendait timidement sous zéro. Ce matin, j'ai entendu encore parler de cette douceur anormale, mais la personne qui la soulignait ajouta textuellement : "moi, un hiver comme ça l'année prochaine, je signe tout de suite !" Ces gens sont-ils si ignorants sur le dérèglement climatique ou en ont-ils clairement rien à faire ? Je pencherait malheureusement pour la seconde option...

25/03/2014

Paysages de l'après-pétrole ?

Un livre collectif intéressant sur le pourquoi et comment les paysages se sont transformés depuis 1 siècle et ont conduit à la "France moche" d'aujourd'hui. Le livre offre également des perspectives, des grandes lignes sur les transformations à venir en matière de territoires, prenant en considération l'épuisement des ressources. Le contenu des articles, au gré des auteurs, est parfois inégal et possède quelques redites mais l'ensemble reste cohérent.